e-santé

Le rôle du digital dans les services de santé

La couverture mobile et Internet connaît une croissance importante depuis 20 ans : un milliard d’utilisateurs et utilisatrices en plus tous les cinq ans (données International Telecommunication Union – ITU). Le digital a le potentiel d’accélérer la transformation des systèmes de santé à tous les niveaux, augmentant la couverture des services, simplifiant la gestion et diminuant les coûts, en rationalisant la gouvernance, renforçant les compétences des professionnels et professionnelles de santé, et l‘autonomisation des patients et patientes.

Qu’est-ce que la e-santé ?

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la e-santé se définit comme « l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (Tic) en soutien à la santé ». On peut aussi entendre parler de santé numérique, de santé digitale ou encore de santé connectée.

La e-santé inclut les outils et les services qui utilisent les Tic pour améliorer notamment la prévention, le diagnostic, le traitement, la surveillance et la gestion de problèmes liés à la santé. La m-santé (mobile-santé) et la télésanté sont également incluses dans la santé numérique.

À titre d’exemples, les consultations en ligne, la digitalisation des dossiers patients, la télémédecine et les outils spécialisés pour les professionnels/professionnelles de santé et les chercheurs et chercheuses (comme les environnements digitaux pour le diagnostic et la prise en charge) sont des éléments essentiels de la e-santé.

En France, les cartes vitales, les comptes Ameli et Doctolib sont des éléments de la e-santé.

La e-santé en quelques chiffres

Les informations recensées sur les projets e-santé de l’Observatoire permettent de nourrir une analyse des données, avec différents indicateurs : enjeux de santé, publics cibles, statuts des porteurs de projets, stade d’avancement, technologies utilisées, zones géographiques, etc. Compilées, ces données dégagent les dynamiques et les tendances à l’œuvre dans les pays du Sud. En savoir plus

La e-santé : un vecteur d’accès à la santé dans les régions les moins bien desservies du monde

Le développement de la e-santé dans le monde est très hétérogène, voire fragmenté. Le secteur public est inégalement investi sur ce sujet. En 2020, bien que 34 États membres de la région africaine de l’OMS aient élaboré des stratégies relatives à la santé numérique, seuls 12 les avaient effectivement mises en œuvre. Les contraintes sont nombreuses : difficultés de financement, de gouvernance du secteur, problématiques d’infrastructures et d’accès au réseau, etc. Si le secteur privé est très dynamique, les aspects sanitaires ne sont pas toujours prioritaires, ou sont noyés dans d’autres thématiques plus générales (accès à l’eau, gestion des déchets, etc.) et les fonds levés restent centrés sur quelques États.

C’est pour apporter de la cohérence, harmoniser, rendre visible et décrypter l’écosystème que la Fondation Pierre Fabre a créé l’ODESS (Observatoire de la e-santé dans les pays du Sud), qui accompagne par ailleurs les porteurs de projets dans la mise en œuvre effective de leurs solutions.

Le développement de la e-santé permet de répondre à de nombreux défis

La e-santé est une formidable opportunité pour les systèmes de santé.

Un suivi plus efficace à tous les niveaux

L’utilisation de systèmes d’information au niveau des structures de santé permet d’appuyer les professionnels et professionnelles dans le suivi des patients et patientes au quotidien et dans le temps, favorisant la mise en œuvre effective des protocoles et recommandations nationales. La remontée de ces données au niveau régional et national permet aux autorités sanitaires de prendre des décisions basées sur des informations réelles et régulièrement actualisées.

Un exemple : le projet IeDA, opéré par Terre des Hommes.

Une diminution des coûts

La e-santé offre l’opportunité de tendre vers des systèmes de santé plus efficients. Plusieurs revues et analyses publiées ces dix dernières années soulignent les économies permises par l’adoption de solutions de santé digitale (Elbert NJ et al, 2014 ; Sanyal C et al, 2018 ; Naoum P et al, 2021). L’analyse préliminaire d’un projet de télé-dermatologie en Mongolie montre une diminution importante des coûts, tant pour les patients et patientes, notamment avec des économies liées aux transports, que pour le système de santé avec une diminution des référencements vers les hôpitaux.

Replacer le patient ou la patiente comme un acteur de sa santé et simplifier les démarches

Les Tic permettent de faciliter toutes les tâches administratives connexes au parcours de soins (prise de rendez-vous, mise à jour du dossier médical). De plus, leur utilisation favorise l’appropriation par les patients et patientes de l’ensemble de leurs données de santé, renforçant leur capacité d’être acteurs de leurs parcours de soins.

Un exemple : le projet Khushi Baby.

L’amélioration de l’accès aux soins dans les déserts médicaux

La télémédecine permet aux personnes habitant en zones rurales d’avoir accès à une expertise médicale parfois absente du territoire concerné. Couplée à des dispositifs de formation à distance (e-learning), elle permet également de désenclaver les professionnels et professionnelles de santé exerçant dans des structures périphériques, et de maintenir leurs compétences au meilleur niveau pour assurer des soins de qualité.

Un exemple de cette approche : les programmes de télé-dermatologie soutenus par la Fondation Pierre Fabre.

Des avantages certains, mais aussi de nombreux défis

Si l’utilisation des Tic dans le domaine de la santé offre de nouvelles perspectives intéressantes, les enjeux qui y sont liés sont tout autant importants.

Éviter de renforcer les inégalités

L’exclusion des services digitaux peut-être causée par des problématiques infrastructurelles (accès au réseau et qualité de la bande passante), financières (accès aux équipements et abonnements individuels et collectifs) ou d’alphabétisation numérique (capacité effective à utiliser les services digitaux). Le développement de la e-santé ne doit pas se faire sans une réflexion plus large sur la réduction de cette fracture numérique, pour éviter de renforcer les inégalités actuelles. C’est en ce sens que les transformations numériques au sens large doivent être considérées comme des déterminants de la santé.

Protéger les individus

Primum non nocere*, le principe hippocratique reste toujours d’actualité. Le potentiel accélérateur du numérique présente également des risques, en termes de désinformation médicale, de fuite ou de collecte de données de santé, etc. Sans système inclusif protégeant efficacement les patients/patientes et les populations de manière générale, sans cadre réglementaire fort, l’adoption massive des Tic dans le domaine de la santé présente le risque d’augmenter la vulnérabilité des individus.

* « d’abord, ne pas faire de mal »

Ressources en e-santé

Découvrez une sélection de ressources de référence sur la santé digitale au Sud : recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), livres blancs, articles scientifiques, etc. Elles nous permettent d’étudier précisément l’environnement dans lequel nous intervenons.

En savoir plus

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Reconnue d’utilité publique depuis 1999, la Fondation Pierre Fabre agit pour permettre aux populations des pays du Sud un meilleur accès aux médicaments et aux soins de qualité. Ses cinq axes d’intervention sont la formation des professionnels et professionnelles de santé, la lutte contre la drépanocytose, l’accès aux soins des populations vulnérables, la e-santé et la dermatologie. En 2021, la Fondation conduisait 35 programmes dans 20 pays, en Afrique, en Asie du Sud-Est, au Liban et en Haïti.

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