Fondation Pierre Fabre

Un système communautaire de premiers intervenants apportant des soins gratuits aux victimes de la route

Principal pays bénéficiaire :
Bangladesh

À propos du porteur

TraumaLink

TraumaLink est un système volontaire d’intervention en cas d’urgence pour les blessés de la route. Actuellement, le Bangladesh ne dispose pas d’un système national d’intervention en cas d’urgence. TraumaLink est une organisation qui fournit des services de premiers secours sur les autoroutes du pays. Le modèle de service utilise un numéro d’appel d’urgence, un centre d’appels opérationnel 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et des premiers intervenants volontaires recrutés par la communauté locale, formés aux premiers soins et à qui l’on fournit les équipements médicaux nécessaires, tels que des civières et des bandages. Le cursus de formation a été conçu pour l’enseignement de compétences simples mais qui peuvent sauver une vie et peuvent être apprises même par ceux ayant reçu peu d’éducation classique.

Secteur : Sanitaire : Professionnels et structures de santé

Pays d'origine : Bangladesh

L'organisme compte :

15
Equivalents temps plein
13
Salariés
350
Bénévoles
2
Prestataires

L'initiative en bref

Thématiques de santé ciblées

  • Urgences

Stade d'avancement :

  • Projet en routine / en exploitation

Zone où l'initiative est utilisée

  • Nationale (dans un seul pays)

Début de l'initiative

  • 23/11/2014

Financement

Source(s) de financement

  • Privé (Investisseurs privés, Crowdfunding, Mécénat, ...)
  • Agence gouvernementale (ex : AFD, USAID, ...)

Modèle(s) économique(s)

  • Publicités
  • Dons

A propos de l'initiative

Les blessés de la route représentent un fléau important et grandissant dans les pays en voie de développement. Le Bangladesh est l’une des nations les plus touchées par ce fléau, comme le montre une récente enquête nationale à grande échelle, estimant à 23 000 morts et plus de 3,4 millions de blessés les victimes sur les routes nationales chaque année. Malgré un besoin croissant et significatif de ces services, le Bangladesh ne dispose pas d’un système médical d’urgences pré-hospitalier pour y répondre. Par conséquent, la majorité des blessés de la route ont peu ou pas d’accès à des premiers soins professionnels au moment où ils se révéleraient le plus efficaces. Un accès rapide à des soins médicaux professionnels sur les lieux d’accident joue un rôle important dans la diminution du nombre de morts et de lésions permanentes. Sans numéro d’appel national à former lorsqu’un accident de la route s’est produit, il s’écoule souvent des délais importants pour l’arrivée des ressources nécessaires sur les lieux d’accident et pour que les blessés soient traités. La plupart des victimes de la route reçoivent à l’heure actuelle des soins de la part de témoins non formés, et ce maque de formation comporte des risques bien réels. Un parfait exemple en est les lésions médullaires, qui pourraient être évitées et qui sont provoquées par une  manipulation et un transport inadaptés des patients. La plupart des témoins d’accident travaillent également sans équipement adapté, ce qui les empêche d’autant plus de prodiguer des soins convenables. De plus, il y a souvent une confusion sur le lieu où envoyer des patients grièvement blessés. Ceci génère des délais supplémentaires lorsque les patients sont d’abord emmenés vers des centres médicaux qui ne sont pas correctement équipés pour les soigner, et qu’il faut ensuite les envoyer ailleurs pour un traitement définitif. Il existe également des obstacles majeurs au transport de blessés au Bangladesh. Acheter et entretenir des ambulances nécessite des ressources considérables, et les incroyables embouteillages du pays créent des délais énormes pour que les véhicules arrivent et quittent le lieu d’accident. Les ambulances publiques ne sont souvent pas fonctionnelles et les frais d’ambulances privées s’avèrent prohibitifs pour les patients disposant de peu de revenus. Même si les familles parviennent à rassembler les fonds, la procédure peut durer des heures.

L’utilisation étendue et croissante de la technologie mobile au Bangladesh est un outil puissant pour organiser des services de secours d’urgence volontaires, fournir guidance et éducation, et en particulier du matériel de premiers secours.

Avant de lancer le service dans une communauté, TraumaLink organise de nombreux événements locaux afin de sensibiliser sur les accidents de la route, favoriser les discussions sur de possibles solutions au problème, et recruter de potentiels volontaires. Ils ont conclu que l’éducation sur les premiers soins, une guidance vers où amener les patients blessés, et un numéro d’appel d’urgence unique seraient tous des moyens utiles en cas d’accidents de la route. Les personnes intéressées de devenir volontaires sont interviewées par le personnel de TraumaLink, qui décide de qui recevra la formation. Les candidats sont tous des membres de la communauté locale, la plupart d’entre eux vivant et/ou travaillant près de l'autoroute. Les candidats volontaires reçoivent deux jours de formation intensive sur les premiers secours, dispensée par un médecin formateur bangladais employé par TraumaLink. Le cursus est basé sur du matériel originellement développé par le PI pour la formation d’agents de santé communautaires, en Ouganda, et a ultérieurement été perfectionné avec l’aide de médecins bangladais pour s’assurer que le contenu était pertinent et compréhensible pour un public local. Il met l’accent sur les bases des premiers secours, avec une emphase sur les compétences faciles à enseigner, apprendre et mettre en pratique. Les cours combinent didactique et formation pratique, et la taille des classes est limitée à 15 étudiants pour s’assurer que chaque personne reçoive une attention individuelle. Ceux qui obtiennent leur diplôme sont enregistrés comme premiers intervenants volontaires de TraumaLink. En plus du matériel de lecture imprimé, les volontaires ont accès une vidéo de formation de qualité professionnelle, créée en bengali, pour les aider à revoir et améliorer leurs compétences en premiers secours. Elle est disponible en version haute définition, ou sous forme de fichier compressé qui peut être téléchargé et visionné sur un téléphone mobile. Des badges avec leur photo d’identité sont fournis aux volontaires, ainsi que des gilets réfléchissants et fluorescents avec le logo de TraumaLink, afin qu’ils soient facilement reconnaissables sur les lieux d’accident et qu’ils soient plus visibles durant leurs interventions de nuit. Pour rester actifs dans le programme, il est demandé aux volontaires qu’ils participent à une nouvelle formation, tous les 6-12 mois. Le service utilise un numéro d’appel d’urgence unique et accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et un centre d’appels où travaillent à temps plein des employés de TraumaLink. Une interface utilisateur graphique (GUI) a spécialement été développée pour le service et propose une carte interactive des zones d’intervention, marquées de balises géographiques locales, pour permettre une identification facile du lieu d’accident même si l’appelant n'est pas familier de la région. Lorsque les opérateurs reçoivent un appel, ils récoltent les informations du lieu d’accident et du nombre de blessés. Dès que cette information est saisie dans la GUI du centre d’appels, le logiciel génère automatiquement des SMS qui envoient un nombre approprié de volontaires sur le lieu d’accident. Les circonscriptions sont divisées en zones géographiques le long des autoroutes. Tous les premiers intervenants volontaires sont assignés à une zone spécifique et convoqués sur les lieux d’accident sur une base tournante, pour assurer une meilleure répartition des appels. Pour des événements impliquant un grand nombre de blessés, le système recrute des volontaires des zones voisines, en fonction des besoins. Le matériel de premiers soins, y compris les brancards, les colliers cervicaux et les bandages, est fourni par TraumaLink et stocké dans les circonscriptions, dans des endroits accessibles 24 heures sur 24. Ces lieux incluent les pompes à essence et autres grandes entreprises, de même que des postes de police et des stations de pompiers. Après que les patients ont été traités sur les lieux de l’accident, les premiers intervenants font une estimation de la gravité des blessures. Le logiciel du centre d’appels contient une liste des hôpitaux classés par situation et par niveau de gravité des blessures qu’ils sont en mesure de traiter. Les opérateurs du centre d’appels utilisent ces informations pour diriger les patients vers l’installation de soins qui convienne la plus proche. Avec le soutien des dirigeants communautaires, TraumaLink peut assurer le transport des patients au moyen de véhicules de police et de pompiers, un service GNC gratuit et des véhicules privés, cette pratique étant courante avant la mise en place du service. Les volontaires sont supervisés par des employés sur le terrain de TraumaLink, qui fournissent un soutien local et un contrôle qualité dans les interventions sur les lieux d’accident, et prennent les appels sur une base tournante pour s’assurer que tous les appels soient pris si les volontaires sont indisponibles. Ils sont également un lien crucial entre l’équipe centrale de Dacca et les fonctionnaires locaux et membres de la communauté. Après qu’une intervention d’urgence a été réalisée, l’opérateur procède à un suivi par téléphone avec le volontaire qui a répondu et/ou le personnel sur le terrain afin d’obtenir des informations démographiques et opérationnelles en lien avec l’appel.

Enquête terrain de l'initiative

Champs d'application

Formation des professionnels de santé - Télémédecine (diagnostic et consultations à distance) - Information, éducation et changement des comportements (IECC) - Suivi des patients et des données médicales - Accès financier au soin, micro-assurance - Services d’urgences pré-hospitaliers, formation de premiers intervenants pour membres de la communauté

Public ciblé

  • Ensemble de la population

Objectifs de l'initiative

  • Diminution de la mortalité
  • Diminution de la morbidité
  • Diminution de la souffrance
  • Amélioration de la prise en charge

Chiffres clés

850 Nombre de bénéficiaires depuis le début

22 Nombre d'utilisateurs par Mois

Matériels utilisés

  • Téléphone portable / mobile
  • Smartphone
  • Ordinateur

Technologies utilisées

  • Télécommunication mobile (sans connexion des données)
  • Internet
  • Géolocalisation
  • Interface utilisateur graphique spécialement conçue pour centre d’appels

Utilisation offline

Non

Open Source

Non

Open Data

Oui

Evaluation indépendante

Oui
une auto-évaluation ou une évaluation par un organisme solidaire/connexe

Partenaires

mPower Social Enterprises

Organisationnel : Collectivités, ONG, Associations, Fondations, ...

Centre for Injury Prevention and Research in Bangladesh

Organisationnel : Collectivités, ONG, Associations, Fondations, ...

Centre for the Rehabilitation of the Paralysed

Organisationnel : Collectivités, ONG, Associations, Fondations, ...

Partenaires

Opérateurs

startupBrics