Analyses

[Texte mis à jour le 06 Juin 2016]

L'élaboration de cette base de données permet d'avoir une vue d'ensemble des projets innovants en matière de e-santé dans les pays du Sud.

La démarche utilisée

Pour constituer cette base de données, la Fondation Pierre Fabre a mobilisé les réseaux et l'expertise du CATEL (essentiellement tournés vers la France et l'Afrique francophone) et de StartupBRICS (plutôt orientés vers l'Afrique subsaharienne et l'Asie du Sud), via plusieurs appels à manifestation d'intérêt ciblés autour des thématiques suivantes :

  • la formation des professionnels de santé
  • la télémédecine (diagnostic et consultations à distance)
  • le suivi des patients et des données médicales
  • l'information, l'éducation et le changement des comportements

Du fait de cette démarche, la base de données de l'Observatoire n'est pas exhaustive bien que son caractère évolutif ambitionne de tendre vers une certaine exhaustivité sélective dans les mois/années à venir. Ce paramètre est à prendre en compte dans l'analyse des données globales.

Au sujet des porteurs de projets

Les porteurs de projet appartiennent majoritairement au secteur privé à but lucratif ou non lucratif (entreprises, start-up, etc.) et sont principalement situés dans les pays du Sud à forte croissance (Nigeria, Côte d'Ivoire et Sénégal pour l'Afrique, Indonésie et Inde pour l'Asie) ou dans les pays développés (la France reste le premier pays avec environ 20 % des projets portés).
En regardant d'un peu plus près, nous observons que la démarche des acteurs asiatiques est plus orientée « business », avec des projets quasi exclusivement soutenus par le secteur privé dans une optique de retour sur investissement et de rentabilité, et bénéficiant de ce fait d'investissements conséquents.
Côté africain, la démarche est plus orientée « sociale », et ce même au sein du secteur privé (GiftedMom, Jokkosanté, …) sans mise en avant d'objectifs de rentabilité. De plus, une part importante des initiatives sont ici soutenues par des institutions d'utilité publique (ONG, Fondations…) et par le secteur académique (universités, laboratoires…).
Au final, la grande majorité de l'innovation « durable » est issue d'acteurs locaux des pays bénéficiaires, parfaitement en lien avec les besoins et ressources locales. Beaucoup de ces « porteurs de projets » sont des personnalités charismatiques qui associent des talents d'entrepreneur à une sensibilité particulière vis à vis d'une problématique de santé spécifique à leur environnement.

Secteur du porteur

Type d'initiative

Au sujet des initiatives

Une part importante des initiatives (environ 22,5%) est centrée sur la thématique de la santé maternelle et infantile (surtout au sein des catégories « Information, éducation et changement des comportements (IECC)» et «Suivi des patients et des données médicales » où cette proportion monte jusqu'à plus de 40%), ce qui correspond aux défis auxquels font face les pays en voie de développement. La moitié des outils de e-santé présentés dans l'Observatoire est actuellement en application, avec une attente des retours d'expérience pour être optimisée. Environ un tiers est au stade de recherche-conception / prototypage. Cette proportion est assez constante quelle que soit l'échelle à laquelle l'outil est actuellement implanté (internationale, régionale, nationale ou locale) et seules les initiatives françaises ou algériennes ont une vocation internationale dès la phase de conception.

Cela confirme que dans la grande majorité des cas, le développement d'outils de e-santé dans les pays du Sud passe par une étape de recherche et par la mise en place d'un projet pilote d'abord à une échelle locale. Sa transposition à d'autres pays voisins n'a lieu que dans un second temps, une fois que celui-ci est réellement fonctionnel. Concernant ce potentiel de mise à l'échelle, on remarque également qu'une partie importante des initiatives recensées ici n'ont pas pour vocation immédiate d'être étendues à d'autres régions du globe. La consolidation des outils mis en place reste prioritaire.
63 % des initiatives répertoriées bénéficient d'investissements totaux faibles (< 50.000€) et seule une minorité a levé des fonds de plus de 250.000€. Néanmoins, cette différence s'aplanit si l'on s'intéresse exclusivement aux initiatives ayant un champ d'action international, où leur répartition selon le niveau d’investissement total atteint une distribution plus homogène.

Pays d'origine du porteur

Zone d'intervention

Les fonds proviennent majoritairement du secteur privé. Le secteur public arrive en seconde position, suivi de loin par les ONG et les agences gouvernementales qui investissent moins dans ce domaine.
Si les résultats sont globalement encourageants, montrant que ces porteurs de projets développent des outils simples et innovants, adaptés à la pratique des bénéficiaires et répondant bien à des problématiques ciblées, on notera néanmoins le manque général, à quelques exceptions près, d'une évaluation indépendante de ces initiatives. De plus, même si la très grande majorité des outils ambitionnent ou ont mis au point un modèle économique potentiellement pérenne (avec des ressources issues de la vente de données, la publicité, les utilisateurs, cette dernière source étant la plus répandue), un tiers d'entre eux a toujours recours à des subventions pour pouvoir exister. Cette problématique concerne surtout les initiatives à destination des pays africains (94 % des initiatives fonctionnant grâce aux subventions s'adressent à ces pays) : conjuguer rentabilité et vocation « sociale » demeure le grand défi des pionniers de la e-santé dans les pays du Sud...

Pays bénéficiaires

Publics cibles

Services Open Source

Données disponibles en Open Data